Ecoute et dialogue : Compte-rendu de la réunion du 3 juin 2016 avec J-F Copé

Jean-François Copé, candidat à la primaire de la droite pour l’élection présidentielle

Une centaine de personnes ont assisté à cette première rencontre, animée par Gilbert Jaffrelot, qui a rappelé l’objectif de l’Institut : Une Bretagne belle, prospère, solidaire et ouverte sur le monde.

Alain Glon, Président de l’Institut de Locarn, a précisé dans son introduction le but de cette réunion : s’éclairer mutuellement, dans le respect des personnes et des idées.

1 – Les ruptures sociétales. La place des territoires et des initiatives locales

Alain Glon :

– Les ruptures actuelles sont liées à la fin d’un cycle qui a commencé à la Renaissance et l’apparition de l’imprimerie. Le temps de l’intuition succède au temps des hiérarchies et des normes.

– Pour répondre à leurs besoins primaires, les Bretons doivent construire des alternatives aux « champions nationaux »

– Mon pays avant mon parti.

– En France, les grands corps ont précédence sur la démocratie.

Jean-François Copé :

– Deux éléments de rupture : le numérique et la chute du mur de Berlin.

– Un homme politique, c’est un homme d’action porté par une vision de l’avenir.

– Le problème, ce n’est pas les grands corps, c’est la défaillance de la décision politique. Le pays n’est plus commandé. Tout le monde se croit autorisé à dire ce qu’il faut faire. Il n’y a plus de hiérarchie.

– La crise du leadership est actuellement l’enjeu de la France.

2 – La gouvernance. Tenir compte des différences territoriales

Jean Pierre Le Mat

– L’écotaxe est l’exemple-type d’une mesure applicable à toutes les régions et qui peut être catastrophique pour l’une d’entre elles.

– Quand on passe des rapports humains aux rapports légaux, une petite entreprise coule. Pour aider les PME-TPE, il faut autre chose que des mesures législatives.

– Derrière toutes les réglementations, il y a des rentes prélevées sur le travail.

– Que peut-on attendre d’un gouvernement, à part des normes et des lois ?

Jean François Copé

– La méthode de gouvernement sera un des enjeux de la campagne présidentielle. Pour déverrouiller le pays, il faut casser le consensus.

– Il faut gouverner par ordonnances, et non par référendum. J’ai prévu 15 décisions majeures.

– Il faut vider le Code du travail de ce qui tue la compétitivité des entreprises françaises.

– Il faut retransposer les directives européennes dans l’intérêt des Français, pas des administrations, comme cela se fait.

3 – La jeunesse. Quelles ambitions ?

Alexandre Gallou 

– Le club Erispoë rassemble les jeunes Bretons des grandes écoles.

– Les jeunes doivent comprendre les systèmes et leur fonctionnement, leur écologie.

– Des mouvements grondent contre le système qu’il s’agisse de rejet (FN), de voix discordantes (Nuit Debout) ou d’alternatives.

– Faut-il changer les politiques ou les institutions ?

Jean François Copé

– La réflexion peut être partagée, les évaluations aussi, mais pas la décision qui enclenche les processus, qui doit être assumée.

– Il faut enrayer l’émigration des jeunes Français.

– Il faut créer un environnement pour réussir en France.

– Fin de l’emploi à vie des fonctionnaires.

– La Région ne doit pas être un État en réduction.

4 – La culture, les solidarités, l’éducation

Alexandre Solacolu, Patrick Le Lay, …

– Initiatives culturelles : festival Photo reporter à Saint-Brieuc. L’application Stag qui permet de géolocaliser les Bretons du monde.

– La culture est fédératrice en Bretagne. Comment pérenniser la singularité bretonne, créatrice de valeurs ?

 

– La république refuse toutes les différences.

 

– Pourquoi la Bretagne ne bénéficierait-elle pas des droits qu’ont les minorités nationales ailleurs en Europe ou dans le monde ?

 

– Créer des écoles, hors du carcan de l’Éducation Nationale.

– Expérience pédagogique du Cours d’Armor, à Saint-Brieuc.

 

– Quel est votre position sur Diwan ?

Jean François Copé

– Je suis attaché à l’initiative culturelle. Une grande politique culturelle nationale doit libérer les initiatives dans les territoires.

– A Paris, on est condescendant envers les initiatives régionales. On prend tout le monde de haut, pas seulement les Bretons. Mais la singularité culturelle bretonne est entrée dans le paysage.

– Vous avez une solidarité naturelle que j’envie et qui me touche.

– OK pour l’identité bretonne à condition de reconnaître les lois de la république.

– Je suis contre le bilinguisme sur les documents administratifs.

– Autonomie totale pour le chef d’établissement.

– Je suis pour l’apprentissage à 14 ans. Il faut un métier pour chacun, pas un diplôme.

– Les Free schools ? C’est intéressant. Notre système éducatif est victime de l’égalitarisme.

– Mobilisez les entrepreneurs bretons, comme aux USA. Appuyez-vous sur des fonds privés.

– Diwan. Tout ce qui améliore ce qui existe doit être respecté. La langue doit être transmise.

– Avantage de Diwan : motivation et rigueur.

5 – Questions diverses

Vous êtes pour une droite décomplexée. Quid de l’Autriche ? Pas d’alliance avec l’extrême droite. Décomplexé ne veut pas dire extrémiste.
Peut-on être un chef face au principe de précaution ? Le blocage n’est pas au niveau du principe lui-même. Il faut expérimenter, pas interdire.
Le problème de la compétitivité se pose pour les entreprises, mais aussi pour le pays. Assez de constats. Il faut une feuille de route, qui valorise tout le monde. La clé est la confiance.
La valeur ajoutée revient aux producteurs chez les légumiers, pas chez les éleveurs de porcs. Les problèmes sur le porc sont variés. Il y a un lien avec la capacité à décider.
Régionalisation. On envie les Allemands. Les préfets ont plus de pouvoir que le président de région. La France n’a pas la même culture de négociation et de régionalisation que l’Allemagne.
Sur le plan économique, aucune amélioration à attendre avant 2020. Vous manquez d’espoir. Il faut bouger et non pas attendre.
Découpage régional. Aspiration à une région Bretagne à 5 départements Le découpage des régions, c’est n’importe quoi. Il faut fusionner départements et régions.
Compétences communales Les communes doivent se focaliser sur les transports, le haut débit, le service à la personne.
Sécurité intérieure et situation diplomatique -En France, soit on défend les valeurs, soit on défend les intérêts. Les intérêts sont primordiaux.

– On peut avoir des alliés sans s’aligner sur eux. Churchill a choisi Staline contre Hitler.

– Il faut hiérarchiser les ennemis. D’abord Daesh.

– La France dépense trop dans le social au détriment de la sécurité.

– Le TAFTAn’est pas signable actuellement, compte tenu de la manière dont les négociations évoluent.

Impressions synthétiques, forcément subjectives

Tout au long de la réunion, j’ai senti planer deux ombres. La première est celle de l’effondrement institutionnel. Jean-François Copé a insisté, lors de toutes les interpellations, en rappelant la nécessité d’une autorité centrale. 

La deuxième ombre est celle de l’effondrement territorial. Pour les participants de Locarn, les préoccupations culturelles et économiques se rejoignent. 

Du côté de Jean-François Copé, l’enjeu est celui de l’autorité. Du côté de Locarn, l’enjeu est celui de la confiance. Peut-on avoir les deux ? 

On peut en rêver. Je constate que la société bretonne (et française) aspire à un climat de confiance, non d’autorité. Ainsi, au-delà des ombres qui planent, l’avenir appartient aux territoires, non aux institutions.

Jean-Pierre Le Mat

Plus d’informations sur cette rencontre avec l’Agence Bretagne Presse : http://abp.bzh/jean-francois-coppe-en-bretagne-sans-langue-de-bois-40326

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