L’avenir, ce n’est pas le chèque-énergie pour payer des éoliennes coûteuses et dangereuses, mais les SMR !

Claude Brasseur

Quand, en 1898, Marie et Pierre Curie découvrent le radium, travaillent sur les « rayons uraniques », ils n’imaginent pas que la radioactivité pouvait aussi tuer et Marie Curie est morte d’un cancer en 1934. Le nucléaire a tué à Hiroshima et Nagasaki, la guerre froide a suivi la Seconde Guerre mondiale et le nucléaire devait servir à effrayer l’ennemi. Les centrales nucléaires étaient avant tout militaires, servaient accessoirement à fabriquer de l’énergie électrique…

Une de ces centrales « à double usage » a explosé suite à des ordres contradictoires donnés à des responsables terrorisés et c’est depuis lors que « Tchernobyl » fait craindre les centrales nucléaires. Le tsunami de Fukushima a été exploité pour faire durer la terreur : là, personne n’est mort à cause de la radioactivité, la population a été évacuée en masse parce que le seuil de radioactivité a été fixé… 2,5 fois plus bas que la radioactivité naturelle, très faible, en Belgique ! La centrale elle-même aurait mérité un réservoir d’eau correctement installé en plus de pompes à eau.

Bien avant la catastrophe de Tchernobyl en 1987, des chercheurs se penchaient sur un nucléaire uniquement civil. Dès les années 1950, Alvin Weinberg et d’autres étudiaient et ont testé à grande échelle ce qu’on appelle maintenant « le nucléaire de quatrième génération ». Il ne permet pas la fabrication de plutonium 239 de qualité militaire – ce qui a retardé ses progrès de plusieurs dizaines d’années ! Ce nucléaire peut être sans le moindre danger, même en cas d’attaque terroriste ou d’incident majeur. Il existe plus de cinquante types de centrales de quatrième génération et certaines sont plus intéressantes que d’autres. Il y a même des mini-centrales, les SMR (Small Modular Reactor), peu coûteuses et pouvant être installées à côté d’un complexe industriel. Elles sont infiniment plus propres que n’importe quelle centrale thermique actuelle, consomment les fameux « déchets » que Greenpeace veut enterrer à grands frais pour 100.000 ans, ne présentent aucun risque de rayonnement radioactif : très peu de déchets « vivent » 300 ans.

Soyons précis : en brûlant nos « déchets nucléaires » dans ces réacteurs de quatrième génération, nous avons pour plusieurs milliers d’années d’énergie assurée et il y a des réserves d’uranium pour des millions d’années dans la mer.

Certains réacteurs de quatrième génération remplacent l’eau des réacteurs Westinghouse et CANDU par le plomb ou le sodium, d’autres utilisent des sels fondus de fluorure d’uranium ou de thorium dilués dans du fluorure de lithium. À Mol, en Belgique, le projet MYRRHA – déjà reproduit en Chine – active les matières fertiles, thorium et uranium, avec un accélérateur de protons, et il y a d’autres solutions.

Et pourquoi des SMR au lieu de grandes centrales ? Les SMR peuvent être produits en usine, en série, être transportés complets par camion et être mis en service sous terre protégés par le béton armé du bâtiment construit pour les accueillir, le tout en un an. En cas d’incident majeur, de chute d’avion ou d’explosion terroriste, le réacteur s’arrête immédiatement et les matières fissibles coulent dans une fosse compartimentée où elles refroidissent naturellement.

Conclusion : si le nucléaire à eau est devenu cher à installer, la sécurité des meilleurs SMR présentés ici permet de ramener leur prix au dixième à puissance égale, et ceci sans oublier l’avantage lié à l’argent qui ne dort plus ! Ainsi, Areva ne peut plus livrer un réacteur en moins de quinze ans, tandis qu’ici, la mise en service a lieu au bout d’un an. Le parti écolo finlandais l’a bien compris : il propose d’entourer les villes de ces SMR dans les années 2020.

La conférence mondiale annuelle sur les SMR aura lieu en mars 2018, mais qui en parlera dans les médias ? Les SMR ne risquent pas d’enrichir le lobby « vert » mondial qui étend ses tentacules depuis l’Allemagne…

Article rédigé par Claude Brasseur.

Mathématicien, Claude Brasseur a enseigné à l’université de Lubumbashi (RDC) où, en faculté Polytechnique, il a créé un centre de recherche en énergies renouvelables. Ce centre a eu tant de succès – il est même arrivé des aides de France – que les exigences purement financières n’ont pas tardé et il a dû quitter le pays. Il a également travaillé pour le BIT au Burkina Faso et, retraité, il continue à s’instruire dans ce domaine passionnant.

 

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