Locarn et l’Opus Dei

Otto de Habsbourg

Otto de Habsbourg

Mes informateurs anonymes m’avaient lancé sur une première piste : Otto de Habsbourg. Selon les anciens, il était présent à l’inauguration de l’Institut. Otto est un personnage historique. Il était le fils aîné de Charles Ier, dernier empereur d’Autriche-Hongrie, et de l’impératrice Zita. C’est vieux, toute cette histoire, n’est-ce pas ? De sa présence à Locarn, le plus simple aurait été de déduire que l’Institut faisait partie de la fameuse Cinquième Colonne ; un poste avancé de l’impérialisme d’Outre-Rhin dans le Kreiz-Breizh !… Mais non… Le péril germanique ne fait plus recette. L’Autrichien avait été vu comme le prince de l’Opus Dei, venant adouber ses chevaliers bretons.

Pourquoi pas, finalement ? L’idée me plait bien, d’un croisement dans les landes de Locarn entre les chemins du Graal et ceux du Da Vinci code.

Otto de Habsboug est décédé le 4 juillet 2011, à l’âge de 98 ans. Sur internet, il est considéré, non comme un membre éminent ou le grand maître, mais comme un « sympathisant » de l’Opus Dei.

La piste Otto est très décevante. Un simple sympathisant ! Tss tss… A ma connaissance, il n’y a eu aucune suite à cette apparition unique du grand homme à Locarn, ni aucun miracle local à lui attribuer.

Heureusement, une deuxième piste s’est ouverte, comme un clin d’œil de la divine Providence. Une réunion d’information sur l’Opus Dei a été organisée à Callac il y a 3 ans, organisée par une association culturelle locale. Rien à voir avec l’Institut. Mais Callac, comme tout le monde le sait, se situe dans la banlieue de Locarn, de l’autre côté de la rocade Carhaix-Guingamp.

J’ai fini par retrouver un des participants à cette réunion. Je ne citerai pas son vrai nom. Appelons-le Igor. Dans tout complot international, il y a forcément un Russe.

Igor m’a dit que la conférence ne s’était pas passée tout à fait comme prévu. Il y avait là deux drôles de nonnes, qui n’arrêtaient pas de bénir les participants. Elles ont même exécuté des rites bizarres, comme d’exhiber une partie arrière de leur anatomie. A priori, ces rites n’ont rien à voir, ni avec l’Opus Dei, ni avec l’Institut de Locarn.

Je suis très déçu par le Da Vinci Code. Le fameux best seller, qui donne à l’Opus Dei sa notoriété sulfureuse, serait en réalité un plagiat. Dan Brown, l’auteur à succès, aurait recopié un livre paru vingt ans plus tôt, « l’énigme sacrée ». L’univers des comploteurs est impitoyable.

D’aucuns (je ne cite pas de nom, ça casse l’ambiance) m’ont résumé ce qu’est l’Opus Dei.

D’après son fondateur Josémaria Escriva « … c’est un chemin de sainteté et d’apostolat », ce qui s’est vérifié pour lui. Il a été béatifié canonisé par Jean Paul II en 2002. Son successeur, nommé par le pape, Mgr Alvaro Portillo a été béatifié par François en 2014 !

Alvaro del Portillo et Jean-Paul II

En sera-t-il de même pour l’actuel Prélat ? En France, en 2005, 26 clercs et environ 2000 laïcs seraient membres à un titre ou à un autre de l’Opus Dei. Il est à noter que depuis Pie XII, tous les papes ont valorisé l’action de l’Opus Dei. « Issue de l’inspiration divine » pour Jean-Paul II. Pour François : « Il nous apprend également que nous pouvons trouver un chemin sûr de sainteté dans la simplicité et la quotidienneté de notre vie ».

Des saints, et non pas des diables dans l’Opus Dei ???!!!… J’avais espéré que Locarn soit le Mont Chauve de l’Armorique. Amis comploteurs, vous qui maniez si bien le soufre et le vinaigre, éloignez de-moi la tentation d’enquêter sans condamner !

The spy of Kreiz Breizh