Portrait: Élie Guéguen

Elie Guéguen croit en l’avenir du Kreiz Breizh

Élie Guéguen

Élie Guéguen

Natif de Carnoët (22), Elie Guéguen porte une affection particulière au Kreiz Breizh.

Jeune retraité dynamique depuis 2011, son implication dans le bénévolat reflète son attachement à ses racines, au territoire du centre Ouest Bretagne, puisqu’il est vice-président de l’association La Vallée des Saints et administrateur à l’Institut de Locarn.

Issu du milieu rural, celui que la vie prédestinait à devenir agriculteur, a réalisé une carrière remarquable dans la fonction publique, au terme de laquelle, à la demande de Jean-Yves Le Drian, il a rejoint en 2004 le Conseil régional de Bretagne, au sein duquel il a exercé les fonctions de Directeur Général Adjoint des services, chargé de l’Enseignement et de la Formation.

« A 17 ans j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’Équipement à Callac (22). Après mon service militaire, j’ai passé des concours administratifs. Dans les années 1970, de nombreux cadres supérieurs de l’après-guerre partaient à la retraite, j’ai donc trouvé ma voie dans la fonction publique », raconte l’intéressé.

Il a exercé comme Inspecteur des Directions Régionales de la Sécurité Sociale, à Nantes (44), ensuite il a été deux ans à la DDASS du Maine-et-Loire comme adjoint au directeur ; pour ensuite prendre la direction de la DDASS en Vendée, puis celle du Pas-de-Calais en 1991 avant de prendre la direction régionale en Champagne-Ardenne, puis celle de Bretagne en 1997.

Durant ce périple professionnel assez commun à tous les fonctionnaires, puisqu’ils ont l’obligation de changer de fonctions tous les six ans, il a apprécié durant vingt ans de découvrir d’autres lieux, faire d’autres rencontres et il n’a pas ressenti ce besoin viscéral de revenir en Bretagne ; néanmoins, il appréciait, comme beaucoup « d’expatriés bretons » de porter, d’incarner l’identité bretonne. Un trait d’identité qui le distinguait. « J’étais reconnu en tant que professionnel et comme Breton », précise-t-il.

Et son métier, il l’avait dans la peau. « Ça allait au-delà d’une fonction administrative, je me sentais impliqué. J’ai été attentif aux situations, en particulier à l’aménagement du territoire, à la desserte hospitalière. Quand nous avons dû fermer la maternité de Paimpol (22), cela a été un véritable crève-cœur. Les terre-Neuvas sont venus nous dire que nous n’avions pas le droit de faire cela au territoire, mais nous n’avions pas le choix, il était très difficile de pourvoir les postes de médecin » se rappelle-t-il.

Dès son retour en Bretagne, un certain Joseph Le Bihan l’a contacté, en précisant « On vient du même territoire » puis il lui a présenté l’Institut de Locarn. Elie a répondu présent en participant régulièrement aux rencontres de l’Institut. De fil en aiguille, il est devenu administrateur de l’association.

« J’ai envie de rendre service et l’esprit de Locarn m’a fortement marqué en ce sens. Quand lors de l’université d’été, cette année, Alain [Glon, Président de l’Institut de Locarn] a dit qu’il ne suffit pas de revendiquer, qu’il faut faire, je partage totalement », poursuit-il. « Nous [les Bretons] avons revendiqué la décentralisation et le rattachement de la Loire Atlantique à la Bretagne et cela n’a pas marché.»

Redéo, fondé par Alain, obtient de très bons résultats avec l’énergie et les travaux sur la protection sociale complémentaire sont prometteurs. C’est une bonne manière de dire aux élus « on a besoin de vous, vous représentez la population, on est capable de faire en autonomie, avec d’autres légitimités pour les entreprises et les associations. C’est cette dynamique-là qu’il faut mettre en marche », et de poursuivre, « le mouvement des Bonnets rouges est un cas unique, intrinsèquement breton où la population s’est unie en laissant ses casquettes au vestiaire, en oubliant les clivages pour défendre son territoire en péril ».

Produit en Bretagne est un dispositif dont il admire l’impact pour l’économie au niveau du territoire : « Avec ce label, le consommateur sait que le produit est bon et répond à des exigences de qualité, où il est produit, éventuellement combien de salariés travaillent chez ce producteur, bref, que le chef d’entreprise et ses salariés sont dans le même bateau et que l’entreprise n’est pas délocalisable. C’est un cercle vertueux,» s’enthousiasme Élie.

Pour l’ancien Directeur Adjoint des services à la Région Bretagne, avec le phénomène de métropolisation Brest (29), Rennes (35), Nantes (44), L’Institut de Locarn joue un rôle fondamental au niveau de l’aménagement du territoire afin de contribuer à préserver l’économie dans les territoires ruraux et à réfléchir et à catalyser ce qu’il serait possible de développer.

Et de conclure :

 Je crois beaucoup en ce territoire [Centre Ouest Bretagne], il y a une qualité de vie indéniable, des bons établissements scolaires, des entreprises à taille humaine, des agriculteurs actifs et innovants, un dynamisme associatif… Mais il faut arrêter le déménagement du territoire avec la fermeture de services publics, développer partout le haut-débit, terminer (enfin !) l’aménagement de la RN 164, pour ne prendre que les sujets les plus emblématiques afin que le Centre Bretagne puisse vivre et se développer.

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